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Karaté/Me Tchen Roger Nzuè Ondo sort de son silence

Débarqué abusivement de la Fédération, le président de la Commission juridique révèle les conflits d’intérêts, les dérives du président fédéral, le gonflage du collège électoral, organisation des élections illégales des passages des grades et des bureaux des ligues, exclusion inexplicables de techniciens de la Fédération.

Gabonallsport : Qui est Me Tchen?

Maître Roger Nzuè Ondo : Je suis Roger Nzuè Ondo, surnommé Maître Tchen par mon instructeur Maitre Alain Edang. Je suis ceinture noire 5ème dan de karaté, avec 38 ans de karaté depuis mes 12 ans. Ancien secrétaire général de la Fédération, ancien président de la ligue de l’Estuaire. Plusieurs fois champion du Gabon en kumité et kata, médaillé d’or d’Afrique centrale.

Je suis expert-comptable de profession, marié et père de famille.

Président de la Commission juridique de la Fédération, nous venons d'apprendre votre éviction.  On peut avoir les raisons?

Je ne saurai avec exactitude vous donner les raisons de mon éviction du poste de président de la Commission juridique que j’ai exercé pendant quatre ans. Mais ce que je peux vous dire, c’est que tout a commencé au moment du renouvellement des bureaux des ligues.

Nos textes, assez clairs, exigent que les dossiers de candidature  soient déposés 30 jours avant les élections auprès du président de la Commission juridique pour examen, avec autre mission de valider le collège électoral.

Etant du genre à ne pas cautionner l’imposture, j’ai rejeté un certain nombre de dossiers qui paraissaient irréguliers aux yeux des autres membres de la Commission. Et sans vouloir être trop rigide, certains candidats ont dû compléter leurs dossiers, validés par la suite.

Cependant, les manouvres orchestrées par le président de la Fédération qui tente d’imposer des hommes à lui, dans le but de se représenter et éventuellement d’être réélu, ont fait en sorte qu’on a pu démasquer une fraude à grande échelle, notamment dans la province du Woleu-Ntem où, en tant que président de la Commission juridique, je n’ai pas cautionné le gonflement de la liste électorale avec des présidents des clubs qui n’étaient pas des karatékas. Cela m’a profondément outré.

J’ai pu également constaté que le président est intervenu personnellement pour écarter un certain nombre de dossiers régulièrement retenus par la Commission juridique.

Vous comprenez qu’à partir de ce moment-là, je ne pouvais plus être en odeur de sainteté avec le président fédéral.

Quelle lecture faites-vous donc des textes de la Fédération au terme de ce mandat ?

Je dois vous dire dès le départ que lorsque le président actuel a été élu, je n’étais pas particulièrement de son côté. Mais dans le but d’apaiser les tensions et de faire dans l’unification et le rassemblement des karatékas, j’ai accepté d’intégrer son bureau.

Au départ, j’avais proposé les états généraux du karaté qui nous ont d’ailleurs permis, sur le plan juridique, de relever des points qui devaient être contenus dans les textes qu’on devait voter en 2019.

Au sortir de ces rencontres, nous avons fait en sorte que les textes actuels collent à la réalité et aux aspirations de tous les karatékas. Mon premier chantier, d’ailleurs avec les autres membres de la Commission et de quelques experts extérieurs, a donc été de rédiger les nouveaux statuts et le nouveau règlement intérieur. Travail salué par tous !

Dans le passé, le karaté ayant été géré dans l’opacité et les statuts ayant été taillés sur mesure du président qui arrivait, les nouveaux textes exigent désormais la transparence. Et du coup aujourd’hui, le président ne peut plus faire tout ce qu’il veut et n’importe quoi.

Aujourd’hui, nous avons par exemple créé et introduit le collège des ceintures noires, un organe d’autorité morale et d’éthique de la Fédération, qui peut se saisir de n’importe quelle affaire de la Fédération lorsque nous sommes en période de crise comme à l’heure actuelle.

Autre innovation, il est désormais exigé à toutes les ligues et les associations de produire les éléments comptables et des sanctions ont été même introduites, allant jusqu’à la suspension de certains liges.

Malheureusement, force est de constater qu’après un tel travail, on se rend compte d’une part que le collège des ceintures noires n’a pas été mis en place, je ne sais pourquoi. D’autre part, en quatre ans, la question de la licence fédérale n’ayant fait l’objet d’aucune attention, nous ne sommes pas capables de vous donner le nombre de licenciés que compte notre  Fédération. Plus grave, on crée une licence de ceintures noires qui n’existe pas dans nos textes.

Ce qui gêne aujourd’hui, c’est qu’on a mis des garde-fous à tous les niveaux pour éviter toute velléité de fraude.

Au terme du mandat, j’ai plutôt un gout amer parce qu’on est sorti de la notion de concertation. Le bureau actuel ayant brillé par une absence totale de concertation. Et rassurez-vous, en général, nous n’étions en réunion que lorsqu’il fallait régler un conflit entre le président fédéral et une quelconque association ou un individu.

Il y a eu trop d’incompréhensions de par le fait que le président continuait à prendre des décisions en violation avec nos propres textes.

On retiendra également que le facteur humain a été très mal géré et pour preuve, le président fédéral termine son mandat sans le président de la Commission juridique, la démission du président de la Commission d’arbitrage, la mise à l’écart du DTN et la mise à l’écart du président de la Commission d’homologation et de passage des grades.

On parle des correspondances adressées à la tutelle et au CNOG. On peut avoir leur teneur?

Au ministre des Sports et aux plus hautes autorités, il s’est agi d’attirer leur attention sur les dérives autoritaires du président de la Fédération, notamment lorsqu’il s’est agi de renouveler les bureaux des ligues et l’organisation par lui, des examens de passages de grades en marge de la Commission y relative.

Dans ses dérives, le président a aussi passé outre la Commission juridique en ce qui concerne l’examen des dossiers et l’approbation des collèges électoraux. Et du coup, on s’est retrouvé avec une surpopulation électorale injustifiée, des candidatures spontanées et des élections illégales, à l’exemple de celle de l’Ogooué-Lolo.

Le président se défend derrière l’article 11 sur les arbitrages. Pourtant, il sait bien qu’avant de procéder à ces arbitrages, il doit d’abord consulter les membres des Commissions. Or sur ces cas d’espèces, il a décidé seul.

Et je vous informe que le courrier a été signé par les trois présidents de Commissions, notamment les Maitres Joumas Peck de la Commission d’homologation des grades, Ben Constant Légnongo de la Commission technique, Maître Roger Nzuè Ondo de la Commission juridique que je suis.

Quant au courrier du Comité olympique, c’est moi qui fais un recours de contestation par rapport à ma révocation que j’apprends par les médias. Non convoqué, non entendu pour m’expliquer comme le stipulent les textes, je constate encore là que le président fédéral continue de marcher sur les textes comme s’il n’y avait aucun problème.

Et qu’attendez-vous de ces autorités ?

Simplement qu’elles se saisissent du dossier et trouvent un cadre de concertation où chacun doit donner son argumentation pour faire avancer les choses. Et je vous informe que tout est bloqué. Les anciens contentieux, notamment le Woleu-Ntem, l’Ogooué-Lolo et le Haut-Ogooué, n’ont même pas été encore vidés.

Le Comité olympique sait aussi son rôle à jouer, en convoquant les deux parties pour explications. 

Quel avenir pour la Fédération en termes de sortie de crise?

La sortie de crise est simple. Un, revoir le processus de renouvellement des ligues provinciales. Deux, procéder à l’annulation du passage des grades organisé dans l’illégalité par le président de la Fédération. Trois, réexaminer et valider le collège électoral du renouvellement du bureau fédéral.

Et c’est à ce titre que je lance un appel aux hauts gradés afin qu’ils se saisissent aussi de ce dossier qui n’honore pas le karaté gabonais.

Un mot de fin?

Nous avons hâte de nous retrouver pour laver le linge sale afin de relancer les activités pour le développement de notre karaté qui n’a que trop souffert des conflits. On n’en a plus besoin ».

Réalisé par Jean-Claude NOUNAMO

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Vallée Sainte Marie Libreville / Gabon

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