Athlétisme/« Le Gabon a besoin d'une nouvelle génération d'hommes »

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Dans cette interview, l’ancien athlète international, Jean Nestor Moungomo, fait une lecture sans complaisance de l’athlétisme tout en donnant des pistes de solutions pour la relance de la discipline au Gabon.

Gabonallsport : Pouvez-vous vous présenter ?

Jean Nestor Moungomo : « Je suis un ancien international gabonais en athlétisme (demi-fond). Diplômé en Gestion des Organisations Sportives, diplômé en Management et Marketing du Sport, diplômé d’Etat Supérieur de la Jeunesse de l’Education Populaire et de Sports et diplômé en Sciences de l'Education et de la Formation et enfin diplômé d’Etat d’Educateur Sportif. Entraineur d’athlétisme et préparateur physique.

Quelle lecture faites-vous de l’athlétisme au Gabon en ce moment ?

Le Gabon a besoin d'une nouvelle génération d'hommes qui peuvent relever cette discipline et la faire sortir de la boue. Depuis 20 ans, ce sont les mêmes personnes qui sont à la tête de cette fédération, se succédant de gré à gré. Quel est leur bilan global.

En tant qu'ancien athlète international, je suis blessé de voir que ces gens-là ont tué l'athlétisme dans notre pays. La fédération n'excite que nom, où sont les clubs, où sont les ligues où sont les comités où sont les structures… ? La situation de l'athlétisme au Gabon est chaotique, il y a confusion de tout. Il faut tout remettre à plat pour mieux organiser la discipline.

Les anciens athlètes et ceux actuels sont abandonnées et aux oubliettes. Or dans les autres pays, pour les anciens athlètes il faut les former pour être des dirigeants de demain. Le Gabon a eu des athlètes qui ont porté très haut les couleurs du pays. Où est passée cette génération en or : Charles Tayot, Antoine Boussombo, Patrick Mocci, Hilaire Owanlélé, François Retono, Franck Matamba, les frères Ebang, Madinda Agleur etc... ? Pourquoi cette fédération ne se limite que dans les bureaux à Libreville ?

Soyons plus explicites M. Moungomo.

Le flou est total depuis 20 ans. Lorsqu'il y a un athlète qui sort du lot, soit il est abandonné ou on le pousse à la mendicité politique. Il faut changer tout ça. Il faut donc mettre en place des vraies structures pouvant aider l'éclosion des athlètes et rehausser la discipline dans notre pays pour s'arrimer à l'international.

Trouvez-vous normal de voir que dans un pays comme le Gabon, on ne vous parle que des marathons populaires qui n'apportent rien du tout tant au niveau du développement des structures que des athlètes. Il faut changer tout ça.

Pour moi, le schéma à construire de la fédération doit être le suivant : Ministère de tutelle-Fédération-ligues-associations-clubs. Et pour faire vivre cela, il faut s'organiser autour d'un vrai calendrier de compétions avec des objectifs à atteindre, mettre en place des formations pour les bénévoles et les cadres, mettre en place une politique d'incitation à la pratique pour avoir des adhérents donc des licenciés etc...

Pouvez-vous nous donner le profil du futur président fédéral ?

Pour moi, le prochain président de la fédération doit d'abord être un homme qui ne flirte pas avec la politique. Il doit être un homme engagé, il doit être élu sur la base d'un projet fédéral et non une nomination de gré à gré. Par ailleurs, il doit être un homme de terrain, connaissant les enjeux, être disponible pour répondre aux attentes des structures et des athlètes.

Le nerf de la guerre étant l'argent, il doit être clair avec les chiffres et les affecter dans les vrais projets. Je vous rappelle tout de même qu’un président de fédération est d'abord un bénévole. Et pour ce faire, il ne doit pas faire de la fédération un tremplin du bonheur, d'où l'échec de ces dernières années où nous avons eu, à la tête de notre fédération, des affairistes et non des gens qui voulaient servir et aider leur pays ».

Réalisé par Jean-Claude NOUNAMO