Diagnostic-Wushu/Existe-t-il encore une fédération de wushu au Gabon ?

Discipline née au Gabon en 1989 puis de la fédération en 2005, l’engouement des années de la création a cédé la place à une léthargie que tente de sauver la ligue de l’Estuaire, la seule qui serait encore en vie.

De là où il se trouve en Chine, le Professeur Luc Bendza pleure certainement tous les jours que Dieu crée depuis la situation de coma dans laquelle se trouve le wushu au Gabon. Art martial qu’il a introduit dans notre pays en 1989.

La discipline va d’ailleurs connaître une ascension particulière avec la création en quelques années des ligues de l’Estuaire, du Woleu-Ntem, du Haut-Ogooué, du Moyen-Ogooué, de la Ngounié, de l'Ogooué-Lolo et de l'Ogooué-Maritime. Ce qui va d’ailleurs conduire, en 2005, le changement de l’Association gabonaise de wushu en Fédération gabonaise de wushu (Fégawu).

Croyant avoir bien implanté la discipline dans son pays, Me Bendza ne savait pas qu’il venait de laisser le nouveau-né entre les mains d’amateurs venus se servir du wushu. On parlera même d’une succession arrangée. Mais alors mal arrangée par Maître Bendza lui-même car le premier bureau fédéral qui lui succède sera dirigé par Georgette Boukok, une connaissance qui ne connaissait presque rien de la discipline.

Mais malgré la cacophonie et la confusion qui règnent ici, les subventions de l’Etat tombent chaque année. Situation qui va d’ailleurs conduire en mai 2013 à l’élection d’Edith Florida Biyoghé à la tête de la Fédération.

Que de clubs ! Que de compétitions ! Quelle pépinière !

Jusqu'en 2016, le wushu était visible sur le terrain avec des compétitions nationales régulières et rotatives d’une province à une autre. Les clubs se comptaient par dizaines, les pratiquants et licenciés par centaines avec une pépinière qui donnait beaucoup d’espoir pour l’avenir de la discipline.

C’est d’ailleurs dans ce fort engouement que le Gabon va prendre part à son premier championnat du monde en 2007 à Pékin en Chine. Compétition dite d’observation car au championnat du monde de 2013 à Kuala Lumpur en Malaisie, le Gabon récoltera 3 places de 8ème de finalistes sur 4 combattants, en Sanda (combat libre), 2 places de 8ème de finaliste et une 4ème place mondiale, arrachée par Stéphane Engone, en Taolu (démonstrations techniques avec ou sans armes).

Il sera d’ailleurs par la suite le seul athlète africain à intégrer l'équipe mondiale de démonstration de Taolu et sera régulièrement invité par la Fédération mondiale de wushu pour des exhibitions internationales.

Sur le plan des instructeurs, le Gabon a aussi eu le titre de Responsable des styles traditionnels, une distinction accordée au Maître Steeve Abdon Bouassa, à l'époque entraîneur national et aujourd’hui 1er Vice-président de la Fédération.

De la gloire et la chute !

Avec autant de mérites pour une jeune discipline, on se pose la question de savoir ce qui n’a pas marché pour voir le wushu tombé si bas. La plupart des clubs ont disparu, seules deux ou trois ligues tentent encore de sauver les meubles, notamment les ligues de l’Estuaire et du Moyen-Ogooué et un embryon qui existerait encore dans le Woleu-Ntem.

Selon nos informations, c’est depuis 2016 qu’on vit cette situation. Une Assemblée générale, de nom, organisée en pleine nuit le 12 janvier 2017 pour la réélection de la présidente Edith Florida Biyoghé, exclusions inexplicables des associations et autres personnes de la grande famille déjà malade, plus de compétitions internationales depuis 2015 et nationales depuis 2016.

Et comme si cela ne suffisait pas, les stages, les passages de grades et autres formations des instructeurs sont au point mort depuis 2017.

Triste bilan de la mandature de la présidente qui n’a cessé d’invoquer le manque de subventions de l'État comme cause du manque d’activités. Pourtant la ligue de l'Estuaire, avec son président Joe Mbogho, continue de se battre pour régulièrement organiser des compétitions.

Existe-t-il encore, dans ces conditions, la Fédération gabonaise de wushu ? Quel regard le ministère des Sports, Franck Nguéma, a-t-il du mouvement sportif, en général, mourant au Gabon ?

Mais selon toute vraisemblance, on dit au ministère des Sports que le Gabon souffre d’un « manque de formatage » de ses dirigeants sportifs.

Par Jean-Claude NOUNAMO

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