Karaté/Difficile préparation des Panthères pour l’Afrique du Sud

Alors que l’équipe s'envole dans quelques jours pour Les Championnats d'Afrique en Afrique du Sud, le DTN lance un cri de cœur de soutien pour le dernier virage de la préparation des Panthères.

Ils sont 13 combattants dont 10 garçons et 3 filles, répartis en kumité et kata,  de +48kg à +78kg, à se préparer au dojo national à Libreville pour les championnats d’Afrique de karaté, initialement prévus à Libreville au Gabon, du 20 au 24 avril dernier, mais qui vont finalement se disputer à Durban en Afrique du Sud, du 15 au 17 juillet prochain.

Malgré la longue (depuis octobre dernier) et les conditions difficiles de préparation, Jean-François Ngoma et ses coéquipiers ont la lourde mission d’aller faire chanter La Concorde au pays des Bafana Bafana. Tâche qui n’est pourtant pas impossible car selon le directeur technique national (DTN), Ben Lignongo, le moral des gars est au beau fixe et la préparation est aux derniers réglages.

« Le moral des athlètes est au beau fixe. Même si on peut déplorer la baisse relative de ce moral en raison des atermoiements liés au report de la compétition. En ce moment, notre préparation repose essentiellement sur les stratégies (de combat, de récupération au cours du combat et de construction d’un combat afin de le gagner), des techniques de coordination des mouvements (des plus petits aux plus grands notamment la respiration synchronisée pour le cas des katas) », a révélé le DTN, soutenu par le coach Grégoire Otoumi, entraineur de l’équipe nationale kata, coach continental 1er degré : « malgré les difficultés, les enfants sont en forme, leur moral est bon. Nous travaillons sur leur psychologie en leur disant d’aller de l’avant ».

Passé à côté de l’or aux derniers Jeux Africains de Brazzaville, l’espoir est donc permis pour le Gabon même si le staff technique reste conscient que la tâche sera difficile (mais pas impossible) avec les athlètes magrébins et sud-africains, parfois mieux lotis dans leurs préparations. Et ce n’est pas les cartouches qui manquent au staff technique.

Après 1999 dans ce même pays où l’hymne national avait été chanté grâce à…, Ben Lignongo et son équipe d’encadrement misent certes sur tous, mais auront un regard particulier d’abord sur les médaillés d’argent et de bronze de Brazzaville, à savoir Dany Mintsa et Cynthia Ovono, qui pourront bénéficier de l’appui de près du capitaine Ngoma, passé à côté du bronze à Brazzaville pour blessure.

Mettre les moyens conséquents

Dans un pays comme le Gabon où apparemment on veut manger l’omelette sans casser les œufs, et donc d’avoir des bons résultats sans sacrifices en amont, le staff technique déplore malheureusement le manque de considération affiché par les autorités aux arts martiaux et sports de combats en général et au karaté en particulier, les disciplines qui apportent le plus de médailles à notre pays.

« Qu’on prête attention à la préparation des enfants en leur offrant le minimum de commodités afin non seulement d’aller se frotter aux autres meilleurs de chaque pays mais aussi et surtout de faire chanter l’hymne. Qu’on facilite la tâche au président Dicka qui se bat seul pour nous et qu’on lui donne les moyens tôt », a recommandé le coach Grégoire Otoumi.

Avis partagé par le DTN qui se dit déjà essoufflé, d’ailleurs avec le président fédéral, de mettre la main dans sa poche pour payer le transport des athlètes et leur offrir de l’eau à boire après les entrainements et ce, depuis octobre dernier.

« Nous avons réussi à faire accepter la notion de l’amour du pays aux athlètes. Mais la plupart étant des élèves et étudiants, rassurez-vous que quand le DTN ou le président n’a rien donné pour leurs taxis, ils restent à la maison. Imaginez qu’on ait lancé la formation avec 20 sélectionnés et que c’est les meilleurs qui souffrent de cette situation d’absentéisme manifeste, on finit par faire du sur-place lorsque celui-ci réapparaît une semaine après. Nous prions que cette situation soit réglée au plus vite par l’Etat, à défaut d’un mécène », a-t-il indiqué.

Et comme si cela ne suffisait pas, le DTN s’interroge sur cet abandon de l’équipe nationale à elle-même et tire la sonnette d’alarme. « Comment pouvez-vous imaginer que Les Panthères du Gabon manquent d’eau à boire pendant les entrainements, restent au quartier à quelques jours du championnat d’Afrique ? Comment pouvez-vous imaginer que Les Panthères du Gabon sont en regroupement sans médecin et doivent se contenter de la charité d’un pharmacien pour s’offrir quelques baumes, pommades, antiinflammatoires et bandes lorsqu’on a un blessé ? Si une mise au vert à l’étranger coûte cher à nos autorités qui attendent des résultats, pourquoi ne pas mettre un minimum de commodités sur place pour les enfants qui manquent même de kimonos confortables à leur statut d’internationaux ? ».

L’alerte est donnée. Aux autorités de choisir réellement ce qu’elles veulent pour le grand pays de sport qu’on prétend vouloir être.

Par Jean-Claude NOUNAMO