Judo/«Si les mandats du président Angwé étaient négatifs, il ne serait plus président ».

Ces propos sont du Secrétaire général de la fédération gabonaise de judo et ju-jitsu, Me Ghislain Claude ESSABE, directeur de campagne du président candidat André Angwé.

Gabonallsport.info : Pour quelle raison le président André ANGWE ABOUGHE, souhaite-t-il se représenter ?

Me Ghislain Claude ESSABE: « En 2013, le bureau que dirige le président ANGWE a été élu pour mettre en œuvre le plan stratégique de développement du judo (PSDJ) pour les quatre années qui suivaient. Or, au dernier trimestre 2016, le ministère des Sports a exigé aux fédérations d’interrompre leurs mandats pour s’arrimer aux olympiades. Bien que nous n’étions pas d’accord avec cette décision, nous avons tout de même accepté afin d’éviter un  conflit avec le ministère, les instances internationales et surtout d’éviter de pénaliser nos athlètes. Ainsi, avons-nous décidé de nous représenter avec le président ANGWE comme tête de liste, en rajeunissant notre équipe, pour parachever les réformes que nous avons initiées en vue d’ancrer notre fédération dans la modernité.

Quel regard portez-vous sur les 20 ans du président André ANGWE ABOUGHE à la tête de la fédération et quel est votre bilan ?

Permettez-moi quand même de vous rappeler qu’à l’occasion des Assemblées générales antérieures, le président ANGWE a eu l’opportunité de présenter le bilan de ses mandats successifs. Et si ces derniers étaient négatifs, il ne serait plus président aujourd’hui. Car, il est bon de rappeler que les présidents de fédérations sont élus en public et non pas nommés.

De plus, dans nos statuts,  conformément à la Charte olympique, il n’y a pas de limitation de mandat. Qu’à cela ne tienne, à propos des exercices précédents, je voudrais inviter les lecteurs de L’Union du 20 septembre 2011, à se remémorer le titre du dossier relatif au bilan des Jeux africains de Maputo en 2011, « Heureusement qu’il y avait le Taekwondo et le Judo ».

Faisons donc l’économie des exercices antérieurs, ce qui nous concerne aujourd’hui, c’est le bilan de la période 2013-2016 et l’évaluation de notre Plan stratégique de développement du judo.

A ce sujet, je citerai de façon non exhaustive, l’atteinte ou la réalisation en cours des objectifs que nous nous sommes assignés en matière de réforme du cadre juridique et structurel, avec la mise en application du nouveau code sportif, de la licence numérisée, de la réglementation de la procédure de convocation et de sélection en équipes nationales, ainsi que le passeport sportif.

 En matière de soutien à l’ouverture des clubs, il y a eu la poursuite du programme de mise à disposition de tatamis dans certains établissements scolaires, qui a, entre autres, permis l’ouverture des clubs de judo aux lycées MANDELA et BESSIEUX. Une surface de tapis est en cours d’acheminement sur Franceville, pour remplacer celle vétuste du judo club Masuku et grâce à la coopération japonaise, un volontaire japonais y sera affecté dans deux ou trois mois.

S’agissant de la formation, nos arbitres comptent désormais parmi les meilleurs du continent. Le 04 mars dernier, le président fédéral a remis à 20 d’entre eux,  leurs cartes d’arbitres continentaux au terme de nombreuses formations. Certains parmi eux pourront désormais officier lors des championnats d’Afrique, Jeux africains ou  tournois continentaux, comme Me Georges Eric NKOMA ou Me Yves Denis MOMBO de la ligue de l’Ogooué-Maritime. Par ailleurs, je vous informe que Me Jean Claude DJIMBI est entré dans la liste très restreinte des arbitres mondiaux qui pourraient officier aux prochains Jeux olympiques.

Au niveau du coaching, avec le soutien du Comité National Olympique, la fédération a donné la possibilité à l’entraineur national séniors, Me Michel NGOME d’obtenir son diplôme d’entraineur troisième degré, suite à la formation au Cycle International du Sport d’Elite de Lausanne en Suisse.

Pour ce qui est des performances de nos équipes nationales, si dans les années 90 nous avions un ou deux grands champions, depuis 2012, nous avons environ une quinzaine de jeunes qui ont déjà fait des podiums en championnats d’Afrique, des cadets aux séniors. 

Pour ne prendre que les exemples les plus récents, je peux citer chez les cadets-juniors : Sandrine MBAZOGHE, plusieurs fois sur les podiums continentaux entre 2012 et 2015, Anne BOUANGA de Port-Gentil, médaillé d’argent en Egypte en 2016.

Chez les seniors, Harnold KOUSSOU OUVELOU, champion d’Afrique cadet en 2012 et Paul KIBIKAI, respectivement médaillé de bronze et d’argent aux derniers Jeux africains à Brazzaville. S’ajoute Sarah MAZOUZ, vice- championne d’Afrique en 2015 et médaillée de bronze en 2016.  En décembre dernier Junior KOUAMBA POUTOUKOU a honoré le pays avec sa médaille d’or aux Jeux nationaux du Cameroun.

Enfin, pour ce qui est du rayonnement international de notre, je rappelle que nous avons brillamment organisé les 36èmes championnats d’Afrique séniors à Libreville en 2015 et depuis l’année dernière, après avoir occupé le poste de secrétaire général, le président ANGWE a été élu par ses paires au poste de Trésorier général de l’Union Africaine de Judo. 

Que comptez-vous apporter de nouveau à cette discipline que vos opposants présentent comme actuellement endormie?

Vous savez, il n’est pas nécessaire de faire de la mauvaise foi lorsque les faits sont suffisamment édifiants. Nos résultats parlent d’eux-mêmes. Certes il y a encore du chemin à parcourir, car le haut niveau est de plus en plus exigeant. Mais il faut admettre que nos problèmes majeurs, qui ne sont pas propres au judo, résident dans la sous-médiatisation, la faible reconnaissance étatique et la faiblesse de nos infrastructures sportives.

La réalité nous démontre que nos médias et nos autorités ne mettent en lumière que certaines disciplines, donnant l’impression que rien ne se fait ailleurs. En dehors du Comité olympique qui reçoit souvent nos champions, très peu d’autorités administratives, font écho à leurs résultats.

En matière d’infrastructures, il nous est d’ailleurs reproché de n’avoir jamais construit de dojo national à ce jour, je voudrais rappeler que la construction des infrastructures sportives relève prioritairement de la compétence de l’Etat, des collectivités locales et des privés. Je saisis également de la présente opportunité pour informer nos adversaires qu’il n’y a actuellement dans notre pays aucune disposition ni légale, ni réglementaire, encore moins statutaire, qui conditionne la création d’une fédération par un nombre minimal de ligues ou d’une ligue par un nombre minimal de clubs.

C’est justement pour éviter ce que je qualifie de  « charlatanisme sportif », que le président ANGWE et sa nouvelle équipe, souhaite mettre son expertise internationale à contribution pour la modernisation de la gestion de notre discipline, qui doit s’adapter à son temps, permettant l’amélioration des performances de nos internationaux et fonctionner selon les règles universelles ».

Réalisé par Jean-Claude NOUNAMO