Cyclisme/Et voici le bras de fer entre Nicole Assélé et Nazaire Embinga !

A la suite de la sommation faite par le ministère des Sports au président de la Fégacy de démissionner, Nazaire Maurice Embinga signe qu’il ne démissionnera pas parce qu’élu et seul reconnu par l’Union internationale de cyclisme. Qui cèdera entre les deux ?

Les relations entre le ministère des Sports et la fédération gabonaise de cyclisme ou du moins, entre Nicole Assélé et Maurice Nazaire Embinga, pourraient se détériorer dans les jours et semaines à venir.

La première est ministre des Sports et le second est président de la fédération gabonaise de cyclisme. S’ils ont un point commun d’être tous des fils du Haut-Ogooué, et, selon nos confrères de la Nation, que c’est la première qui a placé le second à ce poste, depuis quelques jours, les deux parents se frottent par médias interposés.

Au centre de leur discorde, les ratées enregistrées par le Gabon lors de la Tropicale 2017. Entre défection de l’équipe nationale et problèmes de logistique ayant entrainé l’annulation de l’étape Fougamou-Lambaréné, vous cherchez certainement le péché commis par le président fédéral.

Il serait responsable du refus des cyclistes gabonais de courir, taxés aujourd’hui par la patronne du sport d’avoir manqué de patriotisme. A lire ce raisonnement, c’est Nazaire Maurice Embinga qui aurait accumulé les arriérés de primes des athlètes depuis 2015 et donc responsable du « boycott » de la Tropicale 2017.

Décision prise à la hâte

Alors que la Tropicale n’était pas encore finie, nous apprendrons la « dissolution à vie » de l’équipe nationale et du staff technique et la sommation faite au président fédéral de démissionner. Et c’est ici que tout a basculé.

Réponse du berger à la bergère, « Je ne bougerai pas », dira Nazaire Embinga, sur RFI, assimilant cette injonction de Nicole Assélé à une « ingérence inacceptable dans les affaires de la fédération ».

Réaction à chaud d’un confrère du journal La Nation qui en a d’ailleurs fait état dans sa dernière parution : « Finalement tel est pris qui croyait prendre. Hier par réflexe ethnique, cette dame avait soutenu Nazaire Embinga dans le conflit qui l'opposait à Thomas Franck Eya'a ce, malgré le rendu du Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative du pays, et de l’UCI, instance mondiale du cyclisme. A cette époque, profitant de son statut de SG du ministère des Sports, elle s'était permis d'imposer son poulain/parent. Aujourd'hui, c'est ce même poulain qui s'oppose radicalement à sa décision impopulaire de le limoger ».

Nicole Assélé serait-elle tombée dans son propre piège en acceptant d’ailleurs la récente réélection controversée d’Embinga ? Pourquoi la ministre des Sports n’a pas pris le temps nécessaire pour examiner ce dossier qui aurait bien d’autres dessous ? Aujourd’hui, elle ne peut donc pas exiger à un président de fédération nationale de démissionner au prétexte que le ministère serait au-dessus des fédérations. Ce sera effectivement une ingérence dans les affaires des fédérations.

Et si cette situation persiste, une autre épine attend la ministre des Sports. Quelle sera la réaction de l’Union internationale de cyclisme, instance mondiale qui dirige le cyclisme et dont la Fégacy est le seul démembrement au Gabon ; instance qui valide la Tropicale Amissa Bongo ?

Le bras de fer qui s’annonce donc entre le ministère des Sports et la Fédération gabonaise de cyclisme ne sera pas le premier mais risque de ternir, une fois de plus, l’image du Gabon, pays de la Tropicale.

Même si le ministère a ses moyens de pressions pour faire sauter un dirigeant sportif, il serait mieux d’engager un dialogue franc entre les deux parties afin de trouver une solution qui permette de sauver l’image du Gabon et de sa prestigieuse et merveilleuse course internationale.

Par Jean-Claude NOUNAMO