Athlétisme-Mouila/Comment les athlètes gèrent-ils leur vie sportive !

Etre athlète, nourrir des ambitions et vivre à l’intérieur du pays est une vraie damnation, une véritable chimère. En séjour à Mouila, nous avons surpris des jeunes athlètes en séance d’entrainement, aux fins de préparer les jeux de l’Ogssu, nouvellement encore reportés par les ministères des Sports et de l’Education nationale.

Sprinteuse des 100 et 200m, Elvy Blaina Issan Ganzamba est capitaine de l’équipe provinciale de la Ngounié. Malgré la bonne volonté dont font preuve les athlètes pour garder leurs formes, le véritable problème ici reste le manque suivi et de compétitions.

« Pour le moment, nous étions dans la préparation des jeux de l’Ogssu et nous nous retrouvons chaque jour à la place des fêtes, au stade ou sur la route de l’aéroport, avec ou sans les deux coaches, de 16h à 18h. Ici, quand nos entraineurs sont empêchés, c’est nous-même nous-mêmes.

Et comme vous pouvez le comprendre, cette façon de nous entrainer ne peut pas forcément donner les résultats escomptés. Mais nous le faisons parce que nous aimons ce sport. Cela m’oblige, au nom de tous les autres athlètes de la Ngounié d’appeler les autorités à revoir la façon dont nous sommes encadrés car nous voulons défendre les couleurs du pays au plus haut niveau et en avons les capacités. Nous souhaitons qu’on nous multiplie les rencontres au lieu que nous soyons toujours à 4 ou 5 sur place ici».

Le constat fait est clair, ces jeunes sont pleins de volonté et de dynamisme. Mais la fuite des responsabilités des autorités sportives tant provinciales que nationales n’est-elle pas contradictoire avec le discours du chef de l’Etat qui veut faire du Gabon un grand pays de sport.

Et sur ce point, Ludovic Mbagou, coureur des 800 et 1500 mètres en juniors et seniors, n’est pas passé par quatre chemins pour le dénoncer. « A l’intérieur du pays, nous sommes presque qu’abandonnés à nous-mêmes, surtout lorsque les coaches expriment un empêchement pour venir nous entrainer. Moi j’accuse la ligue de la Ngounié qui n’arrive pas à nous offrir le strict minimum pour pouvoir travailler afin d’aller mieux défendre la province de la Ngounié lors des rencontres nationales et plus tard internationales. En ce qui me concerne, mon ambition est de faire parler du Gabon dans cette course. Et pour ce faire, il y a un travail de suivi qu’on doit mettre en place », dira-t-il.

Vivement que ce cri de cœur soit entendu par les administrations concernées et les mécènes.

Par Jean-Claude NOUNAMO