Editorial-Engong Stadium/Franck Nguéma : le médecin après la mort !

La sortie condamnatoire du ministre des Sports à la suite de l’incendie du stade d’Oyem semble prouver, à suffisance, que certaines décisions ne se prennent, dans notre pays, qu’après un incident.

Un acte de vandalisme de plus, un de trop ! Mais alors là, pourtant en temps de paix. Oui, seuls les résultats d’élections présidentielles nous ont habituées à vivre toutes sortes de casse et d’actes d’incendie.

Alors que les pneus brûlés dans les rues, les incendies des édifices publics ont été jusque là l’apanage des vandales à Libreville et Port-Gentil, voici que la ville d’Oyem vient sortir du lot avec un incendie d’une infrastructure sportive.

Le jeudi 30 jeudi janvier dernier, le monde entier a découvert, via les réseaux sociaux, oui les réseaux sociaux, l’incendie du salon présidentiel du stade Engong d’Oyem, construit par une entreprise chinoise de 2015 à 2017 afin d’abriter la 31ème Can que nous avons organisé du 14 janvier au 5 février 2017.

Une guerre des clans pour choisir le site

Mais ce que l’histoire nous rappelle ici, c’est d’abord la guéguerre qu’il y avait eu en 2015, entre le maire d’Oyem de l’époque, Vincent Essono Mengue, et beaucoup d’autres cadres de la ville, dont  Daniel Ona Ondo, premier ministre de l’époque, sur le choix du site de construction de ce stade.

Casser l’actuel stade d’Akoakam et rebâtir un nouveau digne de ce nom ; Mont Miyele, un autre site proposé par Raymond Ndong Sima, le prédécesseur d’Ona Ondo à la primature alors que c’est ce dernier qui avait exigé que le stade soit construit à Sougoudzap Ville, actuel site.

En fait, une guéguerre entre ce qu’on avait appelé les PDGistes et les opposants sur la question. Sans surprise, les premiers avaient gagné le combat d’aller construire le stade à 17km d’Oyem, au prétexte que la ville allait grandir.

Et pour prendre l’histoire à témoin, Vincent Essono Mengue va porter son inquiétude et sa désolation sur le choix du site au président de la République, le 19 novembre 2015. Acte pris, le maire n’en avait plus jamais parlé.

La décision prise et les travaux lancés, les Chinois avaient alors opté d’utiliser provisoirement pour les besoins de la Can, des groupes électrogènes et des citernes d’eau pour alimenter le site, encore en chantier (faut-il le rappeler).

Infrastructure abandonnée et les premières alertes

La Can finie et les robinets financiers fermés pour terminer les travaux, l’entreprise chinoise a dû abandonner le chantier jusqu’à ce jour, se contentant simplement de sécuriser son matériel encore en place en engageant un gardien.

Le 14 juillet 2018, lors d’une visite au stade Engong d’Alain-Claude Bilié Bi Nze, alors ministre des Sports, il attirait déjà l’attention de l’opinion publique en annonçant que « l'aire de jeu est envahie par les herbes sauvages ».

Et au regard des premiers actes de vandalisme qu’on signalait déjà ici, le patron des Sports avait « requis l'assistance des forces de défense et de sécurité pour renforcer la surveillance des installations ».

Lorsqu’en plus le 16 novembre 2018, il décide de la dissolution de la Cnogemcni et surtout de l’Anageisc, structure chargée de l’entretien des infrastructures sportives, et suite à la gestion plus ou moins objective des agents licenciés de ces deux structures par Franck Nguéma, le ton était véritablement donné pour vivre ce genre d’actes. La nature ayant parfois horreur du vide.

Le médecin après la mort

Oui c’est le cas de le dire, cette sortie du ministre Franck Nguéma. Pourtant averti du danger que courraient ces infrastructures, il n’avait jamais songé de les visiter à son tour. Pourtant ce n’est pas le temps qui lui manquait forcément.

Oui le ministre des Sports, fils du nord avait le temps d’aller regarder ce qui se passait à Engong Stadium. Il avait plutôt choisi les villégiatures avec l’ancien Directeur de cabinet du Chef de l’Etat lors de sa tournée nationale en fin 2019 ou mieux la distribution des kits alimentaires à Akanda, certes son fief électoral, en ce temps de covid 19.

Selon quelques statistiques glanées ici et là, la ville d’Oyem abrite la 2ème région militaire du Gabon, d’une compagnie de gendarmerie nationale et de plusieurs unités des forces de police nationales, pour un total d’environ 200 agents des forces de sécurité et de défense.

Pourquoi l’alarme donnée par Bilié Bi Nze n’avait pas trouvé un écho favorable auprès de nos hommes en tenue et dont les compétences sont bel et bien connues, au point où nous n’avons que nos yeux aujourd’hui pour pleurer et nos bouches pour condamner l’acte commis par les pyromanes.

Et si l’acte est condamné, à juste titre d’ailleurs par tous, nous avons recueilli quelques réactions dénonçant le laxisme du ministère des Sports sur ce dossier.

Parlant exactement de ce stade, le président des Panthernautes, Brice Inengué, fait observer : « Le ministre des Sports, c'est maintenant qu'il se souvient de son existence (du stade : ndlr). Enfin, des déséquilibrés qui décident d'aller y mettre le feu. On aurait utilisé l'argent pour moderniser Akoakam qu'on ne serait pas à ce niveau de maboulisme. Le destructeur et le ministère des Sports ont même objectif ».

Pour l’internaute Jerry Bibang Bi Ondo, « Cher Franck Nguéma, ce stade et les autres (Petit Paris, Angondjé, Bongoville) croupissent depuis de nombreuses années devant vous. Loin de soutenir l'acte posé mais votre gestion nous laisse sceptique ».

Et comme si cela ne suffisait pas, Obed Néo, un autre internaute, se pose la question de savoir « Comment peut-on laisser un investissement de tant de milliards sans protection M. Le Ministre!??? Nous devons protéger à tout prix nos infrastructures, tant dans leur maintenance en bonne état que dans la sécurité préventive contre ce genre d'acte. Je pense que cela nous servira de leçon ».

Et une bonne franche de Gabonais va plus loin en pensant que Franck Nguéma ayant attaché « peu d’importance » sur la sécurisation de ces infrastructures, est venu faire le « médecin après la mort » en versant des « larmes de crocodiles » et ainsi consommer un « échec de plus de sa gestion du ministère des Sports ». Affaire à suivre !

Par Jean-Claude NOUNAMO

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