Diagnostic-Handball/La Fédération et la Lineph ont échoué !

C’est le constat sans complaisance fait par Hervé Nyama, dirigeant de longue date du handball gabonais et membre du bureau de la Lineph, qui pense à une refonte profonde des dirigeants fédéraux, des clubs et même du management du hand au Gabon.

Après le tennis sur cours, votre rubrique Diagnostic se penche aujourd’hui au handball, une discipline qui connaît de sérieuses difficultés de fonctionnement depuis quelques années.

Occasion pour Hervé Nyama, dirigeant de longue date du handball gabonais, membre du bureau de la Lineph et ancien candidat à la présidence de la Fégahand, connu pour son franc-parler, de jeter un regard froid sur la discipline aujourd’hui.

 « Le constat est clair, c’est un état de léthargie que nous constatons, même s’il est général à l’ensemble du mouvement sportif gabonais. Et cela est lié essentiellement à la situation financière du pays qui a d’autres priorités que le sport », a-t-il lancé d’entrée de jeu.

Pour Hervé Nyama, « La situation du handball dure depuis un certain temps. D’aucuns pourront penser que c’est les personnes choisies pour animer la Fédération, la Lineph et les ligues qui sont le problème. Mais au regard des objectifs assignés à la Lineph, à savoir organiser un championnat semi pro hommes, un championnat élite hommes et dames, et les pérenniser, l’objectif n’a pas été atteint donc un échec de la Lineph ».

Echec de la Lineph, échec de la Fédération, et M. Nyama s’interroge pourquoi ces responsables ont échoué. Ont-ils eu les leviers nécessaires pour gérer le handball ? « Non », dira-t-il, avant d’évoquer « la problématique du financement exclusif des compétitions, dévolu à l’Etat. Les clubs ont-ils la capacité de s’autofinancer pour jouer leurs compétitions ? ».

Pour lui, la subvention ayant été irrégulière depuis quatre ans, il fallait s’attendre à cet échec car « dans tous les pays du monde où la pratique du sport n’est pas que de l’Etat, ça ne marche pas. Il faut trouver d’autres moyens pour que la pratique du handball soit pérenne ».

Autre handicap, la qualité de ses dirigeants

Ici, Hervé Nyama démontre avec réalisme que le handball gabonais ne mérite pas ses dirigeants actuels et ce, partant des clubs. Et à ce titre, il pose l’épineux et éternel problème de la formation ici.

« Tout développement dépend de la qualité des hommes. Et le handball a buté sur ce fait. Même avec un milliard de FCFA de budget, si nos dirigeants n’ont pas de vision comme c’est le cas actuel, cela ne donnera rien. Qu’a-t-on fait des fortes subventions accordées au handball gabonais, il y a seulement quelques années ? Des points forts comme Port-Gentil et Mouila n’ont pas de terrain. Les dirigeants n’y ont pas pensé », a-t-il déploré.

Des fondateurs et dirigeants des clubs qui ne savent pas se lever et qui n’ont pour seul regard que les matches, des dirigeants fédéraux qui n’ont aucune vision pour le développement de leur discipline et qui ne savent pas rendre compte de leur gestion, il fallait s’attendre aux résultats que nous avons aujourd’hui au handball.

Et Hervé Nyanga de conclure sur ce point : « Ange Makila et Alida Bignoumba savaient bien qu’ils allaient échouer par rapport à leurs profils et de la manière dont ils sont arrivés à la tête de ces deux institutions ».

Du retour de Nicole Assélé aux affaires !

Ça chuchote et ça se murmure déjà dans les salons et autres milieux de hand. Le nom de Nicole Assélé ressort de plus en plus pour venir sauver le handball gabonais. Mais là aussi, les avis sont partagés.

« En toute lucidité, Nicole a un bon profil car au regard du fonctionnement actuel de notre société, elle a les capacités intellectuelles, morales et elle est très relationnelle. Elle l’a prouvé pendant ses mandats. Mais le problème, c’est qu’on aurait évité cette situation si on avait posé des bonnes bases », a fait observer l’ancien dirigeants du CMS HB.

Connaissant la force et la faiblesse de l’ancienne présidente de la Fégahand, Hervé Nyama suggère que revenant aux affaires, « Nicole Assélé doit être entourée des gens qui peuvent la contredire de temps en temps et il lui faut une vision réaliste, un vrai projet pour le handball, comme l’a été le pool cadets, et qu’on sache faire des bilans d’étapes ».

Et dans cette vision, Hervé pense qu’il faut d’abord réviser les textes de la Fédération de façon à ce que les occupants des postes importants soient désormais élus.

Un point de vue plus ou moins partagé par l’ancien handballeur et vice-président de l’Association AYA, Vital Moukagni,  qui soutient que c’est Nicole Assélé qui aurait placé les présidents de la Fédération et de la Lineph.

« Etant jeune, j’ai vu sa gestion du handball. Mais pour moi quand une équipe gagne, on ne la change pas. C’est Nicole Assélé qui a laissé cette équipe en fin de mandat au résultat négatif », a-t-il fait observer.

Mais Vital Moukagni, sans être contre au retour de Nicole Assélé, pense tout de même que cell-ci doit aussi s’amender, même si elle a hissé le handball gabonais à un certain niveau.

Pour lui, « Après quelques années passée au banc de touche, elle a déjà vu ses forces et ses faiblesses. S’il faut qu’elle revienne, je pense qu’elle doit désormais avoir une vision plus élargie et plus réaliste de son action ».

Une façon de dire à sa manière que Nicole Assélé se serait accompagnée de trop de courtisans et non de contradicteurs.

Par Jean-Claude NOUNAMO

 

 

www.gabonallsport.info Copyright 2017. R.C.S N° 2014A28001/NIF N° 277799Y – Comptes bancaire LOXIA N° 00165379611. / ECOBANK N° 0010113407054601 .Contacts : +24106057555/+24107302004/E-mail : gabonallsport@gmail.com Libreville-GABON