Football féminin/Pourquoi ce retard et à quand le redécollage ?

Certaines ont jeté l’éponge, d’autres continuent de rêver. Mais devant la situation actuelle et en attendant ces changements toujours annoncées, on n’a que des déceptions et de la révolte. Voici quelques réactions.

Bélinda Dixie ONDJANI AMPAGUI: Internationale, Amazones FC.

« L'équipe féminine du Gabon est très légère en raison du manque d'encadrement et du notre championnat faible. A côté de cela, les filles ne sont pas prises au sérieux, elles ne sont ni suivies ni encouragées et elles n'ont pas de championnat international.

S'il n'y a pas de changement dans ce pays, il n'y aura aucun avenir et le football féminin va mourir ».

Diane Stéphanie ANGUE, Internationale, O’Mbilianzambi

« A mon humble avis, le football féminin est en train de sombrer, il est en train de mourir à petits feux. Ce phénomène est dû au manque de sérieux de la Fédération et de ses dirigeants. Le Gabon est pétri de talents mais qui n’ont point l’occasion de s’exprimer.

A cette allure, le football féminin peut disparaître à tout jamais. Et pour éviter cela, la Fédération doit à tout prix prendre des dispositions nécessaires afin de rendre cette discipline attrayante. Ceci, en permettant aux actrices de cette discipline de s’exprimer en permanence avec l’organisation des compétitions nationales et internationales ».

Patricia MBAZOGO: Professionnelle à Yzeure en France.

« Tout ce que je peux dire, c’est d’arrêter de se servir du football féminin, de ne penser à lui que lorsqu'il y a la fête des mères ou les élections des ligues ou de la fédération pour en faire un outil de propagande. C’est ensuite d’arrêter de jouer avec les rêves des enfants des autres en les prenant comme une distraction. 

Il y a des talents et du potentiel dans notre pays et surtout dans la nouvelle génération de joueuses. Mais le talent ne suffit pas pour être le meilleur. Il faut un suivi et un travail permanents dans le respect de nos filles. Donner une chance à la nouvelle génération. Chers dirigeants, laissez-nous aussi rêver comme les autres ailleurs».

Livia MOUKAGNI, O’Mbiliazambi

« Le football féminin va de mal en pire au Gabon. Notre pays regorge énormément des filles talentueuses qui ne sont pas mises au-devant de la scène. Ce qui crée la situation de découragement généralisé que nous vivons aujourd’hui. C’est comme si nos dirigeants les empêchent de rêver, d’exprimer leurs talents et même de vivre de leur art. Et à cette allure, cette discipline va disparaitre car la relève n’aura pas d’exemples à suivre.

Pour ma part, j’aimerais qu’il y ait un championnat digne de ce nom, organisé dans chaque ligue et qu’il y ait des mesures d’accompagnement pour que cela se réalise. Il faut que les filles obtiennent aussi des bourses sportives en vue d’aller se perfectionner et devenir des professionnelles.

Par ailleurs, il faut inscrire les filles aux compétitions sous régionales, et petit à petit aux grandes compétitions. J’ai une ferme assurance qu’elles ne seront pas ridicules. Le Gabon ne manque pas de talents mais manque de suivi ».

Djes SAMA, internationale, Tristar

Je pense que le football féminin au Gabon veut prendre de l'envol mais il n'y a rien de concret. Pourtant ce n’est pas la volonté et le talent qui manquent. Pour l'instant le football féminin peut avoir un avenir si et seulement si on met des dirigeants sérieux et compétents qui croiront en nous et qui voudront que le foot féminin au Gabon change de dimension.

Je propose que les équipes féminines jouent le championnat cadet pour avoir du rythme et une hausse de niveau et qu'on reformate nos dirigeants, à défaut de les changer ».

Stessy Laure ANGUEZOMO, ancienne footballeuse

Mon regard sur le football féminin est assez pessimiste. Parce que les politiques ne font que se servir de ce domaine pour servir leurs propres intérêts. Pas de réelles compétitions, pas de suivi et par conséquent, les filles désertent t les quelques clubs formateurs.

La génération actuelle est sans doute la meilleure que le football féminin au Gabon ait pu avoir et si elle passe sans connaître de gloire et sans faire parler d'elle,  si elle passe sans que les hauts dirigeants n'y prêtent un regard, il sera difficile pour le Gabon de remettre les choses en place.

Si on ne peut pas nous respecter en tant qu'athlètes, qu’on nous respecte nous en tant qu'êtres humains ».

Par Angelo BEYEME et Jean-Claude NOUNAMO

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