Foot féminin/Josiane Maténé : souvenirs d’une passionnée du football

Elle avait parfois abandonné les cours pour le foot. Elle avait subi les foudres de ses enseignants parce qu’elle semblait aimer le foot plus que l’école. Par quelques extraits, elle nous plonge dans l’univers de son livre à paraître.

« Je n’ai pas été un élève exemplaire à cause de ma passion pour le football (bon c’était mon prétexte). J’avais environ 15 ans quand j’ai monté avec quelques camarades une équipe de football féminine où j’étais coach et joueuse, au Collègue Dominique Savio à Oyem.

On jouait dans la cours de l’école et chez les Sœurs après le cours d’EPS. Mon équipe (vu que j’étais coach) avait participé au championnat inter établissement et on était deuxième.

L’année d’après, n’étant plus à Dominique Savio, On avait gardé la même équipe et on avait choisi le nom Dauphine (2ème), recruté quelques filles dans d’autres établissements et on était sorti du cadre scolaire pour être un club d’Oyem.

J’avais fait appel cette année-là à mon grand frère Ecoulé et Abess dont j’ai perdu de vue, pour nous entrainer, ne pouvant plus assumer mon rôle de coach-joueuse.

Bref j’ai joué ensuite à l’AS Santé, dirigé par Madame Ndoutoume (gynécologue et passionnée de football). J’ai fini à Amazones Star d’Oyem où j’ai passé mes plus beaux jours. Nous avions gagné tout ce qui était humainement possible au niveau provincial, un merci spécial au Coach Massaro, une pensée spéciale à notre capitaine emblématique Murielle Nkene Mba, partie trop tôt ».

Le difficile choix entre les cours et le foot

« Je n’ai vraiment pas été une élève exemplaire au lycée. Je préférai aller à mes entrainements de foot les après-midis que d’aller à un devoir (vraiment à ne pas reproduire).

J’étais à mon avis le seul élève dont l’absence était justifiée d’avance parce que le lendemain, le prof me disait simplement « tu étais encore à ton foot c’est ça ? ». Et je répondais « oui ». Ce qui était bien dans l’histoire, ce sont les résultats. Le résultat du match me précédait en classe et j’y entrais sous les ovations (c’est ce qui nous ment souvent).

Je séchais les cours pour le foot, vous pouvez imaginer mes notes en classe (j’avais quand même le 10 suffisant pour aller en classe supérieur. N’abusez pas).

Je me souviens de mon attitude lors des cours de physique en Première S au lycée d’Etat d’Oyem. Vous savez, quand vous manquez au début, vous ne pourrez pas comprendre la suite (comme le type d’exercice dont les réponses dépendent de la première question : la transpiration…).

J’ai trouvé mon prétexte pour ne plus assister au cours (pour moi le prof n’expliquait pas bien et par conséquent n’était pas bon). Un prétexte créé de toute pièce par moi-même. Ce cours était devenu un cauchemar au point où le professeur et moi nous croisions devant la porte et je m’arrangeais à jouer au foot sur le stade de basket juste devant notre classe.

Je profite de ce message pour présenter les excuses à Monsieur MBADJI, mon professeur de physique en question.

J’ai continué à l’Université, jusqu’au jour où j’ai pris une permission à l’Institut National des Sciences de Gestion où je préparais un BTS en Commerce International pour jouer un tournoi sous-régional à Oyem. Academy FC (mon club de Libreville) devait représenter le Gabon face au Cameroun et la Guinée Équatoriale. Nous l’avons remporté et cette expérience a été mon déclic pour accrocher les crampons (j’espère que tu liras mon livre pour connaître pourquoi) ».

Des grandes leçons de vie

« - La passion prendra toujours le dessus, d’où la nécessité de la détecter très tôt et l’encadrer (Mon expérience sur les évènements sportifs n’est donc pas un hasard, c’est ma passion devenue vocation). Parent avez-vous pris le temps d’observer votre enfant ?

- Je regrette toujours mon attitude envers mon prof surtout qu’en grandissant, j’ai compris qu’au-delà d’être un prof, c’était un père, un ainé. Même si c’est leur métier, j’ai appris combien de fois il est important de respecter chaque Être (sans distinction d’âge ou de classe sociale) autour de nous. Oui je me suis auto censurée et c’est une des raisons pour lesquelles j’ai un profond respect pour les enseignants.

- Le sport m’a forgé un esprit de guerrier. Le foot m’a appris que pour gagner, il fallait jouer collectif. J’ai appris qu’il était impossible de suivre deux lièvres à la fois et que l’un prendrait toujours le dessus sur l’autre. J’ai appris la discipline avec le coach Massaro car si 20h te trouvait dehors, tu étais exclu du prochain match. J’ai appris avec le foot qu’il ne fallait jamais crier victoire avant le coup de sifflet final. J’ai appris qu’il était quasiment impossible de tricher et réussir, que parfois face à un adversaire plus fort que vous il fallait trouver du renfort. J’ai appris combien de fois un seul esprit négatif dans un groupe pouvait pourrir tout le groupe ».

Son regard sur le football féminin aujourd’hui

« Il est ce qu’il a été à notre époque, à la seule différence que nous on jouait avec le cœur. On achetait nous-mêmes nos ballons, cotisait pour nos casernements. Ce qui n’est pas le cas pour les jeunes aujourd’hui. Elles attendent l’accompagnement qui ne viendra sûrement pas.

Je ne suis pas éloigné du football féminin du Gabon. Je suis toujours là quand il y a des initiatives comme celle que l’ANFPG avait organisée pour que les anciennes gloires affrontent la nouvelle génération. Pour le moment je ne suis pas derrière un club précis mais je suis au stade quand c’est possible pour soutenir les jeunes ».

Réalisé par Jean-Claude NOUNAMO

 

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