Football/Le football gabonais actuel vu par Dieudonné Minlama

Acteur politique et sportif, dans un entretien qu’il nous a accordé, l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016 donne sa vision, sans complaisance, sur le football gabonais actuel.

1-      Etat de lieu du football gabonais

« Quand le football dans notre pays marche, ça se voit. Et aujourd’hui, le constat est clair, à regarder juste notre championnat ; il n’y a presque personne qui va  au stade. On a l’impression que c’est des matchs à huis-clos. Tout cela parce que notre football est malade. Et ce à plusieurs niveaux.

Le premier niveau est organisationnel. Vous constaterez que chaque année, les championnats démarrent très en retard. Nous ne savons pas quand il doit démarrer et il est difficile de savoir quand il doit finir et s’il finira. Combien de coupures enregistre-t-on au cours d’une seule saison !

A côté de cela, on constate des grincements de dents dans les équipes où les joueurs ne sont parfois pas payés et le niveau de certains encadreurs à redouter.

Je crois que notre football est malade et les formules utilisées actuellement ne siéent pas. Si ces formules étaient efficaces, ça marcherait.

Pour moi, dans un projet, on fait toujours un bilan à mi-parcours et celui permet de savoir si nous sommes sur la bonne ou la mauvaise voie. Ce bilan nous permet de rectifier le tir ou totalement de l’éradiquer afin de prendre un nouveau départ.

Et je me rends compte que depuis que notre football est professionnel et malgré les gros moyens mis par l’Etat, nous sommes toujours incapables d’organiser le championnat, nous n’avons pas d’équipe A’, nous sommes incapables de jouer les éliminatoires du CHAN, incapables de nous qualifier à la Can des cadets et des juniors.

Autre point, notre football est extrêmement politisé. Et pour preuve aujourd’hui, certaines équipes reflètent de près ou de loin des partis politiques. On a l’impression que nos populations ne se reconnaissent plus dans nos équipes.

Autant de signes qui prouvent que nous ne sommes pas sur la bonne voie. Et il est temps qu’une évaluation soit faite pour que nous puissions proposer autre chose».

2-      La coupe de l’indépendance

C’était une grande compétition qui permettait aux gens de défendre quelque chose. On défendait sa province. Pour moi, ce n’était pas malsain parce que cela apportait de l’émulation et les stades étaient pleins. Je pense encore aux matchs Estuaire-Ogooué Maritime ou Ngounié-Woleu Ntem.

Je crois qu’il y a des choses sur lesquelles il faut rediscuter et dépassionner afin d’explorer les différentes facettes qui nous permettent d’avoir un football compétitif. Demander aujourd’hui à dix Gabonais de vous citer 6 équipes qui jouent en première division. Je vous assure que vous n’en trouverez presque pas.

3-      La qualification pour la Can 2019

« Quand vous regardez la valeur intrinsèque de nos joueurs et les clubs dans lesquels certains évoluent en Europe, je dis simplement que nous avons des talents qui manquent dans plusieurs équipes. C’est possible de nous qualifier. Mais pour être performant, je ne crois pas.

Par le talent, l’orgueil, la fougue on peut remporter quelques rencontres mais tant que les problèmes de fond ne sont pas solutionnés, ça ne marchera pas.

En tant que Gabonais, je veux qu’on se qualifie mais je veux surtout que les problèmes du football gabonais soient totalement réglés ».

4-      La publication de Pierre Emérick Aubamayang

La publication de Pierre Emérick a fait couler beaucoup d’encre et je ne sais pourquoi. On a fait toutes les interprétations sur cette sortie. Mais qui d’autre qu’un capitaine est mieux placé pour nous dire que ça ne va pas dans la tanière ? Quand ça ne va, on peut peut-être gagner un match comme contre la Côte d’Ivoire à Bouaké, mais c’est certainement l’arbre qui cache la forêt.

Votre conclusion

« Ayons simplement le courage de reconnaître qu’on s’est trompé, de poser les cartes sur table, d’inviter les autres à la discussion.

Regardez les moyens mis par l’Etat pour le football depuis 2009. Les deux Can, la Can des cadets, le championnat national professionnel, les entraineurs pour l’équipe nationale.

Pour moi, on n’investit pas autant d’argent pour récolter des broutilles. Cela devient un problème républicain et nul ne peut encore se taire».

Par Jean-Claude NOUNAMO

 

 

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