Football/Hubert Minang et l’USO : une histoire énigmatique et d’amour profond!

Création du club en 2004, intrusion malfaisante des politiques dans le club, départ du fondateur du club pendant près d’une quinzaine d’années et son retour aujourd’hui à la tête d’un Conseil de surveillance.

L’Union Sportive d’Oyem (USO) va-t-il reprendre son dynamisme de ses années de création ? La question est aux bouts de toutes les lèvres depuis la réapparition à la tête du Conseil de surveillance de cette équipe de son fondateur, Daladier-Hubert Minang-Fils.

Ce ne serait pas étonnant de répondre par l’affirmative quoiqu’hâtif, au regard de l’ambiance qui a prévalu le week-end dernier à Libreville lors du match USO-CMS.

Que veut et que va faire Hubert Minang de retour à la tête de l’USO ? « On crée une équipe pour la voir évoluer. Nous avons joué les premiers rôles en championnat de D2 et D1 les années de la création de l’USO en 2003-2004. Tombé en D2 et remonté en D1, le club se contente essentiellement du milieu du tableau. Je crois qu’il est temps de revoir USO occuper le quator du championnat national et pourquoi pas le voir déjà africain », a-t-il déclaré, promettant de réunir à nouveau les forces vives et supporteurs du club pour atteindre cet objectif.

Pour lui, « la vision de 2004 reste donc entière et elle va se poursuivre avec le contexte actuel dans notre pays ».

De la création de l’USO

Pour comprendre le retour de Daladier-Hubert Minang-Fils à la tête de l’USO, un bref rappel historique en vaut la peine.

Jeune directeur de la Planification et des Investissements publics au ministère de la Planification en 2002, ce fils d’Akoakam fait face aux jeunes footballeurs de son quartier qui avaient besoin de ballons, d’équipements et mêmes de bottines pour aller prendre part aux différents tournois de la ville.

Minang hésite pendant un moment mais va faire face à l’insistance de ces petits-frères. Non seulement il finira par céder, avec d’ailleurs les conseils et l’appui du défunt Théophile Abéga, ancien international camerounais, mais il est surpris par les résultats des jeunes qui ravagent tout sur leur passage.

« Et lorsqu’ils remportent le tournoi de ville d’Oyem organisé par le maire, Vincent Essone Mengue, l’équipe est appelée à jouer la coupe départementale, une sorte de D3 à l’époque qu’ils remportent encore», rapporte Minang-Fils.

Non seulement l’appellation Président naît mais elle va se poursuivre car la jeune équipe est appelée à jouer la coupe de la province, une fois de plus remportée.

Le parcours éloquent de cette équipe du quartier Akoakam qui ne s’appelle pas encore USO va convaincre tout le monde et elle est appelée à jouer le tournoi de la montée en D2. Et là aussi, les gars sont sans pitié pour les adversaires.

Désormais, on va formaliser les choses et le « Prési » va revenir plusieurs années en arrière pour prendre le nom d’Union Sportive d’Oyem. « Une fois de plus pour moi d’appeler également tous les anciens et leur dire l’ancienne équipe est partie mais elle est revenue », indiquera-t-il. Et voici l’USO qui renaît de ses cendres en 2003.

Feu Régis Manon est appelé en renfort pour conduire le bébé au tournoi de la montée qui, à la dernière minute n’aura plus lieu. En lui et place, remplir, en trois semaines, un cahier de charges dont le nœud gordien était la production d’une somme de 50millions de FCFA pour accéder directement en D1.

« Le Fou d’USO » coincé, fait appel à tout Oyem mais n’obtiendra que de l’honorable Molière Engo et du défunt Pierre Claver Zeng Enbome, en tout et pour tout une somme de 250mille FCFA. « Des pipis de chats » comme on dit mais le geste est resté gravé dans sa mémoire.

Abandonné à son sort par les cadres de sa localité qui pensaient plus à une action politique qui venait les déstabiliser, Hubert Minang va vendre maisons et voitures pour obtenir les fameux 50millions de FCFA. Il en aura même plus !

Mais contre toute attente, avec un dossier complet, il est éliminé dans le choix devant Missiles et Franceville FC, des équipes qui, semble-t-il, n’avaient même pas posé cette somme sur la table. « Au finish, on m’a soufflé qu’un homme politique d’Oyem est venu bloquer le dossier au prétexte qu’on ne me maitrise pas », nous dira-t-il.

 Les portes vont plutôt s’ouvrir ailleurs !

Ce n’est que partie remise, USO va donc jouer la D2 et Minang-Fils frappent à toutes les portes. Laurent Ebendeng et Kundé Emmanuel du Canon de Yaoundé, deux anciens internationaux camerounais, lui viennent en appui avec quelques joueurs. « Le ministre Ndemezo’o dont je dois ce projet, met à ma disposition certains de ses collaborateurs, le Général Idriss Ngari, président du FC 105 me donnent des joueurs, notamment Guy Zeng, Ecuélé Manga et Brou Apanga ».

L’Italien Kavoza, me met en contact avec Akonangui FC de Guinée Equatoriale et le président du TP Mazembé, Moïse Katoumbi, m’envoient deux joueurs dont Lélo.

Au finish, l’équipe de D2 devient la plus grande équipe avec d’ailleurs des salaires en D2. Allez-y comprendre la razzia qui a suivi!

Et puis arrivé le tournoi de la montée en D1. L’USO va prendre trois victoires contre Lamba Sport de Lambaréné, Franceville FC et Bourgeons FC de Mouila, trois équipes soutenues par des ministres à l’époque. Et voilà l’USO en D1.

Et les premières années en D1, tout le monde en sait quelque chose !

L’intrusion malfaisante des politiques

La jeune équipe venue de D2 caracole à la tête du championnat national. Mais curieusement, en lieu et place de la joie générale des Oyemois, c’est la frustration dans les coulisses et les intrigues qui se préparent. « Et c’est là que mes problèmes ont commencé », nous révélera-t-il.

Et d’indiquer: « La proposition d’ouvrir l’équipe aux hommes politiques m’est présentée, au prétexte que je porte désormais tout Oyem sur mon dos ».

Une grande réunion est organisée par le maire Essono Mengue et qui verra la présence de Raymond Ndong Sima, à l’époque DG d’Hévégab, des ministre Ona Ondo, Owono Essono et Engonga Owone et bien-sûr les hauts cadres d’Oyem.

« Chaque ministre voulant désormais mettre sa personne dans le moult afin de contrôler ce qu’ils voulaient contrôler, voilà comment le club est devenu un parti politique qui ne disait pas son nom. Et c’est ainsi que j’ai décidé de faire le jugement de Salomon. Pour l’amour d’Oyem ma ville, je préfère tout abandonner, certainement qu’il y aura meilleur que moi. Et je quitte l’équipe en 2006, les larmes aux yeux », raconte-t-il.

Le Dr Ndoumou va prendre la relève mais on se rendra bien compte que les choses ne vont pas s’améliorer. Tout au contraire, USO va même descendre en D2, même s’il remontera après.

Tout comme en 2002 avec les jeunes d’Akoakam, les cris de cœur vont reprendre ici et là. C’est le cas de l’actuel président actif, Mr Touré, qui n’a cessé de l’interpeller pour revenir car ne voulant pas voir à son tour le club oyémois retomber.

Fallait-il refuser ou pas ? Hubert Minang va choisir de reprendre son enfant, malgré les turpitudes que l’un et l’autre ont subi.

Et comme par hasard, la vie dans le club est entrain de reprendre depuis son retour et les adhésions s’annoncent à nouveau. Mais Daladier-Hubert Minang-Fils va-t-il encore se faire mordre par les mêmes serpents ? Seul l’avenir nous édifiera.

Il faut noter que le Conseil de surveillance est une entité nouvellement créée. Placé au-dessus du Comex de l’équipe, il a pour rôle essentiel d’accompagner ledit Comex dans la gestion quotidienne de l’équipe. Cette sorte de Conseil d’administration de l’USO sera formalisée lors de l’Assemblée générale de la fin de la saison.

Retour providentiel pour refus de voir son enfant sombrer de nouveau ? A chacun d’apprécier la démarche de ce compatriote.

Par Jean-Claude NOUNAMO et Livia MOUKAGNI

 

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