Athlétisme/«Nous voulons juste faire notre athlétisme, gardez votre argent ! »

Cette interpellation du sprinteur Wissy Hoye Yenda Moukoula est une de plus dans cette discipline sportive dont les dirigeants ont décidé d’éteindre au Gabon.

Des pleurs, encore des pleurs et apparemment, on en aura encore tant que la situation de l’athlétisme au Gabon restera confinée à l’humeur de son président, Martial Paraiso, et de quelques associés au ministère des Sports et au Comité olympique gabonais.

Et cette fois, c’est encore un athlète qui pleure, qui crie et qui appelle au secours d’un athlète sur le seuil aussi du désespoir, le sprinteur Wissy Hoye Yenda Moukoula.

Elève à Port-Gentil ayant débuté l’athlétisme en 2014 à l’occasion des jeux de l’Ogssu à Libreville où il est sorti vice-champion du Gabon aux 100 et 200m, Wissy Hoye Yenda Moukoula n’a presque plus fait de compétitions dignes de ce nom.

« Depuis 2016 jusqu’à ce jour, plus jamais de championnat et la seule et dernière compétition nationale, c’est la Grande Nuit des Sports à Port-Gentil d’août dernier où j’ai eu des médailles d’or aux 100 et 200m. On se nourrit désormais de ce genre de compétitions », a-t-il indiqué.

« Nous nous sommes encore mis en préparation depuis septembre dernier dans l’espoir de disputer les Jeux universitaires de décembre dernier, annulés. Nous venons aux entrainements de lundi à vendredi mais malheureusement on n’a pas le temps de tester nos performances », regrette-t-il.

Autre conséquence évoqué ici, la léthargie des dirigeants  de la Fédération les a privés de toute compétition internationale. « Pas de détection pour les JO 2018, ni les Jeux africains et encore moins ceux de la Francophonie. Nous sommes privés de toutes les compétitions internationales ».

Le soutien de Rudy Zang Minlama

Abandonnés à eux-mêmes, « le seul soutien que nous avons nous vient de l’ancienne internationale Rudy Zang Minlama ». Et notre athlètes de 23 ans de s’interroger : « Pourquoi la ligue de l’Estuaire n’organise aucune compétition ? Où est le président de la Fédération. Pourquoi le ministère ne fait rien pour sauver ses sportifs que nous sommes ?».

Pour lui, « Il va falloir que nos dirigeants sportifs prennent leurs responsabilités et mettent en place des programmes de compétitions. Même si l’athlétisme est une discipline qui paie bien, nous l’aimons et voulons juste la pratiquer. Que nos dirigeants restent avec l’argent mais qu’ils nous organisent des compétitions ».

Mais le jeune athlète veut garder espoir pour les joutes à venir. « Nous avons les prochains Jeux africains, les Jeux d’Afrique centrale et ce sera regrettable que les athlètes gabonais ne prennent pas part à ces compétitions à cause de nos dirigeants qui ne veulent rien faire. Nous travaillons avec des programmes internationaux que nous envoie Rudy et voulons juste nous évaluer ».

Entre coup de gueule et cri de cœur, nous voulons que la nation toute entière lise avec objectivité ces paroles au moment où le pays doit entrer dans la nouvelle politique sportive issue des travaux des Assises sur le sport en août dernier.

Par Jean-Claude NOUNAMO

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